Beauté et vérité

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Vol. 51, Iss. 5

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Éditorial
Comptes-rendus de livres
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Éditorial

Photo of Robert DawsonLa vérité beauté, ce qu’entend Keats dans la voix silencieuse de l’urne grecque, est tout ce que nous savons de la terre, tout dont nous aurons besoin de savoir.
Cela paraît vrai au mathématicien─ tout comme l’est l’affirmation d’Edna St. Vincent Millay qui déclare : « Euclid seul a regardé beauté nue », ou celle de Hardy qui dit « la beauté est la première épreuve : il n’y a pas de place durable dans le monde pour les mathématiques laides ». Les mathématiques traitent de la beauté parfois abstraite, mais tout aussi absolue; aussi vrai que l’univers et tout ce qu’il englobe. Rappelons-nous que nous ne sommes pas motivés par l’argent ni par des hordes d’admirateurs en délire ni nous ne sommes motivés par les contrats de commandite de millions de dollars avec des gens qui fabriquent les petites gommes blanches; en effet, nous y sommes parce que les mathématiques sont belles.
Certes, elles sont aussi utiles. Quand j’étais étudiant aux études supérieures, l’un de mes mentors au premier cycle m’a envoyé une copie du beau sonnet de Clarence R. Wylie Jr. qui s’intitule « Paradoxe » (merci, Ernie. Je l’ai compris.) Je vous laisse le trouver vous-même─ des petits fragments que les lois de copyright me permettent n’y rendront pas justice. Ce sonnet exprime bien l’étrange et le profond lien entre les mathématiques et leurs applications, et ce, en seulement 14 vers en pentamètre iambique, ce que nous aurait pris un article de dix pages à exprimer.
Les mathématiques sont autant une forme de la poésie, de l’architecture, de la musique et de l’art qu’elles le sont aussi de l’ingénierie ou de la chimie. Or, elles les sous-tendent─ ou, peut-être, ces sujets sont dotés chacun d’une existence indépendante que les mathématiques mettent en lumière. Peut-être, à bien regarder, ces deux idées sont identiques. Ou, à tout le moins, elles sont intimement reliées comme une paire des foncteurs adjoints.
Il y a un grand corpus de la poésie mathématique : un exemple en est l’anthologie intitulée Strange Attractors, dirigée par JoAnne Growney qui écrit des poèmes mathématiques dans son blogue. Les artistes tels que’Escher, Ferguson, et Dali, ont saisi notre sujet et en ont présenté la beauté visuelle. Et quel.le compositeur, compositrice, ou architecte a pu éviter les mathématiques dans sa création?
Voici ce que je souhaite pour vous dans cette nouvelle année scolaire : que vos mathématiques soient belles, et que vous arriviez à présenter cette beauté aux autres.