Picture of Robert DawsonAu moment d’écriture de ces mots, on est fin février et le programme de vaccination est en cours. Mais on démarre très lentement. Environ trois pour cent des Canadien.ne.s ont reçu le vaccin, un taux bien inférieur à celui de nombreux d’autres pays. Pendant ce temps, les salles de classe sont vides, il prend des heures pour préparer chaque cours et nous faisons tou.te.s de notre mieux pour échapper aux éclosions locales qui peuvent nous imposer un autre confinement.  

La décision d’un ancien gouvernement d’acheter des vaccins des pays étrangers plutôt que de les produire ici a porté fruit pendant de nombreuses années normales; les gouvernements successifs n’ont pas non plus de raison pour revenir sur cette décision.  On n’a pas pu prévoir le jour où le gouvernement américain ordonne ses entreprises d’arrêter d’honorer leurs contrats avec les entreprises canadiennes jusqu’à ce que les besoins américains n’auraient pas été satisfaits. Quoiqu’il en soit, en tant que nation nous sommes à même d’acheter des quantités plus que suffisantes de vaccins, et pourtant, nous avons pris le retard sur la livraison.

Cela pose de problèmes pour les universités. Le programme de vaccination était censé s’achever avant septembre. Une petite accélération pourrait rendre possible le retour à la vie universitaire normale; et un petit délai, comme nous le voyons en ce moment, pourrait garantir une autre session des cours en ligne.

Actuellement, seul.e.s les aîné.e.s reçoivent le vaccin. On ne sait pas encore si les provinces donneront priorité aux trentenaires sur les personnes dans leurs vingt ans, ou si elles opteront pour une saison ouverte à tou.te.s une fois que la population à risque est protégée. Ce qu’on sait, toutefois, est qu’un nombre important d’étudiant.e.s ne seront vacciné.e.s que vers la fin du processus. Quoique des groupes de retraité.e.s pourront commencer à se rassembler en toute sécurité cet été, la présence des groupes d’étudiant.e.s dans le même espace continuera à poser des risques pendant quelque temps encore.

Ces spéculations ne tiennent même pas compte de la propagation de différentes variantes. Nous avons déjà vu l’apparition de variantes significatives dont certaines ont le taux de reproduction plus élevé et d’autres semblent plus résistantes aux vaccins. Plus de personnes sont infectées dans le monde, plus il y aura de variantes. Alors que le nombre d’infections mondiales a franchi un tournant en janvier, il reste toujours un nombre important de cas actifs et nous pourrions voir émerger de nouvelles variantes dont certaines nuiraient au programme de vaccination.

Pensez pour un moment aux mathématiques : le temps ne joue pas en notre faveur. Plus de personnes sont infectées au cours du processus de vaccination, plus il y aura la possibilité que le jeu change, et non en notre faveur. Mais l’horloge n’est pas calibrée en jours, mais en transmissions. Plus la courbe est plate maintenant, plus il est probable que la session d’automne soit la dernière session déroulée dans des conditions difficiles. Donc, tenez bon, et quand vient votre tour, faites-vous vacciner !