{"id":21948,"date":"2026-09-29T08:59:39","date_gmt":"2026-09-29T12:59:39","guid":{"rendered":"https:\/\/notes.math.ca\/article\/la-classification-des-mathematiques-de-recherche-de-1846-a-nos-jours\/"},"modified":"2026-09-29T15:01:14","modified_gmt":"2026-09-29T19:01:14","slug":"la-classification-des-mathematiques-de-recherche-de-1846-a-nos-jours","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/article\/la-classification-des-mathematiques-de-recherche-de-1846-a-nos-jours\/","title":{"rendered":"La classification des math\u00e9matiques de recherche de 1846 \u00e0 nos jours"},"content":{"rendered":"<p>Deux articles illustrent bien l\u2019\u00e9tendue des recherches men\u00e9es par les historiennes et historiens des math\u00e9matiques sur l\u2019histoire de la classification et de la recherche d\u2019information en math\u00e9matiques : \u00ab Abstract Relations: Bibliography and the Infra-structures of Modern Mathematics \u00bb [1], de Michael J. Barany, publi\u00e9 en 2021, et \u00ab Mathematics in Library and Review Classification Systems: An Historical Overview \u00bb [4], de Craig Fraser, publi\u00e9 en 2020. Le pr\u00e9sent article propose un r\u00e9sum\u00e9 de la partie de l\u2019article de Fraser consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tude des id\u00e9es et des innovations li\u00e9es \u00e0 la classification des revues et des livres de recherche en math\u00e9matiques. Il compl\u00e8te une chronique pr\u00e9c\u00e9dente des Notes de la SMC consacr\u00e9e \u00e0 la classification des livres de math\u00e9matiques dans les biblioth\u00e8ques [3]. L\u2019article de Barany est recommand\u00e9 comme lecture compl\u00e9mentaire pour son exploration des aspects sociaux et politiques plus larges de la classification des math\u00e9matiques depuis les ann\u00e9es 1920.<\/p>\n<h3>Quelques \u00e9l\u00e9ments de contexte au XIXe si\u00e8cle<\/h3>\n<p>Comme la plupart des lectrices et lecteurs des Notes le savent, les math\u00e9matiques \u2014 et, en fait, l\u2019ensemble de la vie intellectuelle \u2014 ont connu de profonds changements tout au long du XIXe si\u00e8cle en Europe. L\u2019une de ces transformations fut la maturation de la physique en tant que discipline universitaire, avec la cr\u00e9ation correspondante de revues, de soci\u00e9t\u00e9s savantes et de d\u00e9partements universitaires. Le niveau math\u00e9matique et la sophistication des travaux en physique ont \u00e9galement augment\u00e9 de fa\u00e7on consid\u00e9rable. Au XVIIIe si\u00e8cle, les principaux contributeurs \u00e0 la physique math\u00e9matique \u00e9taient aussi des math\u00e9maticiens de premier plan : Taylor, d\u2019Alembert, Euler, Lagrange, Laplace, etc. Toutefois, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, les principaux contributeurs \u00e0 la physique math\u00e9matique \u00e9taient des physiciens : Maxwell, Kelvin, Hertz, Weber, Boltzmann, etc. McCormmach et Jungnickel r\u00e9sument bien la situation [6, p. 185] : \u00ab Le r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire entre les math\u00e9matiques et la physique, que l\u2019on consid\u00e9rait Riemann comme occupant, \u00e9tait de plus en plus assum\u00e9 par un nouveau type de sp\u00e9cialiste, le physicien th\u00e9oricien. Le physicien th\u00e9oricien pouvait consulter un math\u00e9maticien ou m\u00eame collaborer avec lui, mais il travaillait toujours en tant que physicien plut\u00f4t qu\u2019en tant que math\u00e9maticien. \u00bb Cette situation allait avoir des r\u00e9percussions sur les personnes qui tentaient de d\u00e9crire les recherches men\u00e9es en physique.<\/p>\n<p>Entre-temps, au sein m\u00eame des math\u00e9matiques, l\u2019importance accord\u00e9e aux math\u00e9matiques pures s\u2019est accrue, une \u00e9volution qui, dans le cas de l\u2019Allemagne, \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 la conception culturelle du n\u00e9o-humanisme (voir [8]). Les revues de math\u00e9matiques continuaient d\u2019inclure la m\u00e9canique et des sujets appliqu\u00e9s, mais, au fil du temps, les applications repr\u00e9sentaient une part de moins en moins importante du contenu total publi\u00e9 dans ces p\u00e9riodiques.<\/p>\n<p>Un autre changement fut l\u2019\u00e9mergence des fondements des math\u00e9matiques comme domaine de discussion et de recherche. Cette \u00e9volution \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 l\u2019importance accord\u00e9e aux math\u00e9matiques pures, mais elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 stimul\u00e9e par un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la logique formelle. Traditionnellement, les math\u00e9matiques \u00e9taient distingu\u00e9es des disciplines langagi\u00e8res que sont la logique, la rh\u00e9torique et la grammaire, une distinction qui \u00e9tait int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la structure \u00e0 la fois du programme des arts lib\u00e9raux et des conceptions des connaissances issues des Lumi\u00e8res. L\u2019\u00e9mergence de syst\u00e8mes logiques formels a fourni un langage permettant d\u2019explorer des sujets math\u00e9matiques. En philosophie des math\u00e9matiques, un ouvrage important fut Die Grundlagen der Arithmetik (Les fondements de l\u2019arithm\u00e9tique), publi\u00e9 en 1884 par Gottlob Frege. Frege soutenait que le fondement du nombre dans le langage conf\u00e9rait \u00e0 l\u2019arithm\u00e9tique une objectivit\u00e9 ind\u00e9pendante des consid\u00e9rations physiques. Il convient de noter que la consolidation des fondements des math\u00e9matiques en tant que domaine de recherche math\u00e9matique ne s\u2019est pas faite imm\u00e9diatement; il s\u2019agissait plut\u00f4t d\u2019une \u00e9volution qui n\u2019a atteint sa pleine expression qu\u2019au XXe si\u00e8cle. (Pour plus de d\u00e9tails sur le sujet de cette section, voir [2].)<\/p>\n<h3>D\u00e9crire une discipline en expansion<\/h3>\n<p>La croissance remarquable des math\u00e9matiques au XIXe si\u00e8cle a donn\u00e9 naissance \u00e0 un genre d\u2019\u00e9crits consacr\u00e9 aux synth\u00e8ses de l\u2019\u00e9tat des travaux dans divers domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat. Par exemple, les rapports pr\u00e9sent\u00e9s lors des r\u00e9unions annuelles de la British Association for the Advancement of Science (BAAS) fournissaient des informations sur les recherches en cours, comme le \u00ab Report on the recent progress of theoretical dynamics \u00bb d\u2019Arthur Cayley, pr\u00e9sent\u00e9 en 1847 lors de la r\u00e9union de la BAAS \u00e0 Dublin et publi\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante. Cayley y exposait en d\u00e9tail les d\u00e9veloppements survenus depuis 1800 dans la th\u00e9orie de Hamilton-Jacobi et la th\u00e9orie des transformations canoniques. En 1861, Isaac Todhunter publia son ouvrage A History of the Progress of the Calculus of Variations during the Nineteenth Century. Le mot \u00ab progress \u00bb dans le titre indiquait que le livre couvrait les travaux r\u00e9alis\u00e9s jusqu\u2019au moment de sa publication et constituait donc autant une revue de la litt\u00e9rature qu\u2019une histoire.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, les revues de math\u00e9matiques faisaient preuve d\u2019une certaine constance dans leur fa\u00e7on d\u2019organiser les connaissances math\u00e9matiques. La conception g\u00e9n\u00e9rale avait \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e par Auguste Comte et Andr\u00e9-Marie Amp\u00e8re au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Leurs id\u00e9es se refl\u00e9taient dans la table des mati\u00e8res du premier num\u00e9ro, publi\u00e9 en 1836, du Journal f\u00fcr die reine und angewandte Mathematik (Journal de math\u00e9matiques pures et appliqu\u00e9es, \u00e9galement connu sous le nom de journal de Crelle, d\u2019apr\u00e8s son principal r\u00e9dacteur, Leopold Crelle). La table des mati\u00e8res se divisait en deux parties : les math\u00e9matiques pures, comprenant l\u2019analyse, la g\u00e9om\u00e9trie et la m\u00e9canique; et les math\u00e9matiques appliqu\u00e9es, comprenant des domaines de la physique tels que les machines, l\u2019optique, l\u2019astronomie, etc. L\u2019analyse elle-m\u00eame \u00e9tait divis\u00e9e en arithm\u00e9tique, alg\u00e8bre et diverses branches li\u00e9es au calcul.<\/p>\n<p>En 1871, deux professeurs de math\u00e9matiques d&rsquo;un gymnase berlinois, Carl Ohrtmann et Felix M\u00fcller, ont fond\u00e9 la revue <i>Jahrbuch \u00fcber die Fortschritte der Mathematik<\/i> (Annuaire des progr\u00e8s des math\u00e9matiques). Le Jahrbuch s\u2019inspirait d\u2019une revue de r\u00e9sum\u00e9s consacr\u00e9e \u00e0 la physique qui existait depuis pr\u00e8s de 25 ans, la Fortschritte der Physik (Progr\u00e8s de la physique). Bien que les publications recens\u00e9es dans le Jahrbuch fussent principalement des articles de p\u00e9riodiques, les livres \u00e9taient \u00e9galement inclus. L\u2019organisation g\u00e9n\u00e9rale des math\u00e9matiques dans le Jahrbuch refl\u00e9tait celle des sujets abord\u00e9s dans des revues de recherche importantes comme le journal de Crelle. Cet ordre des sujets \u2014 arithm\u00e9tique\u2013alg\u00e8bre\u2013analyse\u2013g\u00e9om\u00e9trie \u2014 diff\u00e9rait de celui qui \u00e9tait largement utilis\u00e9 dans la classification des livres en biblioth\u00e8que, qui suivait l\u2019ordre plus traditionnel arithm\u00e9tique\u2013alg\u00e8bre\u2013g\u00e9om\u00e9trie\u2013calcul. Le fait de placer les domaines les plus abstraits et complexes de l\u2019analyse sup\u00e9rieure avant la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne \u00e9l\u00e9mentaire refl\u00e9tait une orientation \u00ab moderne \u00bb des math\u00e9matiques qui est demeur\u00e9e en place depuis la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle. (La place des math\u00e9matiques structurelles abstraites et l\u2019organisation des sujets sont examin\u00e9es par Barany dans [1].)<\/p>\n<h3>Zentralblatt et Mathematical Reviews<\/h3>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, un d\u00e9lai consid\u00e9rable s\u2019est cr\u00e9\u00e9 entre la publication des articles et des livres et la parution de leurs comptes rendus dans le Jahrbuch. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1920, ce d\u00e9lai avait atteint environ sept ans. En 1931, les math\u00e9maticiens de G\u00f6ttingen Otto Neugebauer et Richard Courant fond\u00e8rent le Zentralblatt f\u00fcr Mathematik und ihre Grenzgebiete (Journal de math\u00e9matiques et de leurs domaines connexes) afin de permettre une recension plus rapide de la litt\u00e9rature math\u00e9matique. Le premier r\u00e9dacteur en chef du Zentralblatt fut Neugebauer, qui occupa ce poste jusqu\u2019en 1938, ann\u00e9e o\u00f9 il d\u00e9missionna et rejoignit l\u2019exode des scientifiques de l\u2019Allemagne hitl\u00e9rienne vers les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>\u00c0 son arriv\u00e9e en Am\u00e9rique, Neugebauer devint professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Brown, \u00e0 Providence, au Rhode Island, o\u00f9, en 1940, vit le jour la revue de r\u00e9sum\u00e9s Mathematical Reviews (ci-apr\u00e8s MR) (pour l\u2019histoire des d\u00e9buts de MR, ainsi que pour les d\u00e9veloppements jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1980, voir [7]). L\u2019essor des \u00c9tats-Unis en tant que centre scientifique et l\u2019importance de la communaut\u00e9 math\u00e9matique anglophone aux \u00c9tats-Unis et dans le Commonwealth britannique rendaient la cr\u00e9ation de MR naturelle. L\u2019influence des politiques nazies sur le fonctionnement du Zentralblatt constituait \u00e9galement un facteur. Neugebauer et l\u2019analyste russo-am\u00e9ricain Jacob Tamarkin furent les premiers r\u00e9dacteurs en chef de la revue. En 1965, MR d\u00e9m\u00e9nagea \u00e0 Ann Arbor, au Michigan, \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 du Michigan, o\u00f9 elle se trouve encore aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>L\u2019organisation des sujets du Jahrbuch, du Zentralblatt et de MR \u00e9tait similaire, comme le montre la table des mati\u00e8res du premier num\u00e9ro de chacune de ces revues, pr\u00e9sent\u00e9e au tableau 1.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/elementor\/thumbs\/Table1-journal-comparison-rqu5q55d19gtlbkaxj0p4dxpxpixzpk8pxmrlepck8.png\" title=\"Table1-journal comparison\" alt=\"Table1-journal comparison\" loading=\"lazy\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p><strong>Tableau 1. La classification des sujets adopt\u00e9e par MR en 1940 \u00e9tait quelque peu plus d\u00e9taill\u00e9e que le sch\u00e9ma g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9sent\u00e9 ci-dessus. La table des mati\u00e8res compl\u00e8te du premier num\u00e9ro de MR, publi\u00e9 en 1940, est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la figur<\/strong>e 1.<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"624\" src=\"https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Fig1-1940-MR-Table-of-Contents-768x624.png\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Fig1-1940-MR-Table-of-Contents-768x624.png 768w, https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Fig1-1940-MR-Table-of-Contents-300x244.png 300w, https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Fig1-1940-MR-Table-of-Contents-1024x832.png 1024w, https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Fig1-1940-MR-Table-of-Contents-1536x1249.png 1536w, https:\/\/notes.math.ca\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Fig1-1940-MR-Table-of-Contents.png 1604w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p><strong>Figure 1.<\/strong> Table des mati\u00e8res du volume 1 de <em>Mathematical Reviews<\/em>, telle qu\u2019elle appara\u00eet dans les <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/sim_mathematical-reviews_1940_1_contents\">archives Internet<\/a>. Le premier num\u00e9ro complet, paru en janvier 1940, est <a href=\"https:\/\/archive.org\/details\/sim_mathematical-reviews_1940-01_1_1\/mode\/2up\">\u00e9galement disponible<\/a> pour consultation.<\/p>\n<h3>Le syst\u00e8me de classification des sujets math\u00e9matiques (MSC)<\/h3>\n<p>Au cours des deux premi\u00e8res d\u00e9cennies de son existence, les volumes d\u2019index th\u00e9matique de MR \u00e9taient organis\u00e9s selon les domaines figurant dans la table des mati\u00e8res de chaque num\u00e9ro. Toutefois, contrairement \u00e0 l\u2019ordre de la table des mati\u00e8res, l\u2019index \u00e9tait organis\u00e9 par ordre alphab\u00e9tique; toutes les sous-cat\u00e9gories \u00e9taient \u00e9galement class\u00e9es par ordre alphab\u00e9tique. En 1960, un syst\u00e8me de codes fut introduit dans l\u2019index, dans lequel les domaines, tels qu\u2019ils figuraient dans la table des mati\u00e8res, recevaient des num\u00e9ros \u00e0 deux chiffres allant de 02 \u00e0 99. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1959, tous les sujets de l\u2019index \u00e9taient class\u00e9s par ordre alphab\u00e9tique. En revanche, l\u2019index de 1959 classait les sujets selon leur position dans la table des mati\u00e8res, au moyen de ces codes num\u00e9riques \u00e0 deux chiffres croissants, suivant une certaine conception des relations naturelles entre ces sujets.<\/p>\n<p>L\u2019introduction, en 1970, de la <em>Mathematics Subject Classification<\/em> (MSC) n\u2019\u00e9tait pas motiv\u00e9e par un int\u00e9r\u00eat particulier pour la classification du contenu de MR. Une personne qui lisait un num\u00e9ro de MR pouvait simplement consulter la table des mati\u00e8res et se rendre \u00e0 la section correspondant \u00e0 son domaine d\u2019int\u00e9r\u00eat math\u00e9matique. C\u2019est plut\u00f4t pour traiter efficacement les demandes de tir\u00e9s \u00e0 part ou de titres qu\u2019il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 utile de disposer d\u2019un syst\u00e8me formel de codes de classification. L\u2019impulsion pour d\u00e9velopper la MSC est donc venue, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, du <em>Mathematical Offprint Service<\/em> (MOS) de l\u2019AMS et de son successeur, le <em>Mathematical Title Service<\/em> (MTS).<\/p>\n<p>Dans le syst\u00e8me MSC de 1970, le nombre de classes et de sous-classes est pass\u00e9 de 900 \u00e0 1 900. Le syst\u00e8me a conserv\u00e9 les nombres entiers correspondant aux domaines, mais il leur a ajout\u00e9 une lettre de l\u2019alphabet pour indiquer une classe. Les divisions suppl\u00e9mentaires au sein de chaque classe \u00e9taient indiqu\u00e9es par un nombre \u00e0 deux chiffres. Par exemple, la th\u00e9orie des repr\u00e9sentations des groupes sym\u00e9triques recevait d\u00e9sormais le code 20C30. Ici, 20 \u2014 comme auparavant \u2014 d\u00e9signait le domaine de la th\u00e9orie des groupes, C indiquait la th\u00e9orie des repr\u00e9sentations des groupes finis, et 30 correspondait aux repr\u00e9sentations des groupes sym\u00e9triques.<\/p>\n<p>Les codes MSC \u00e0 deux chiffres sont apparus pour la premi\u00e8re fois dans la table des mati\u00e8res des num\u00e9ros de MR de 1977. Ils apparaissaient \u00e9galement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chaque titre de sujet et en haut de chaque page. Au cours de cette p\u00e9riode, des codes \u00e0 trois caract\u00e8res (num\u00e9ro de sujet \u00e0 deux chiffres et lettre de classe) \u00e9taient utilis\u00e9s dans le p\u00e9riodique <em>Current Mathematical Publications<\/em> de l\u2019AMS. En 1980, des codes de sujet \u00e0 deux chiffres ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s \u00e0 chaque compte rendu dans les num\u00e9ros r\u00e9guliers de MR et sont devenus une partie plus int\u00e9grante de la revue. Dans les ann\u00e9es 1990, chaque compte rendu de MR \u00e9tait accompagn\u00e9 de son code MSC complet \u00e0 cinq caract\u00e8res, selon la version la plus r\u00e9cente de la MSC au moment de la publication.<\/p>\n<h3>L\u2019arriv\u00e9e de MathSciNet et de zbMath<\/h3>\n<p>La version en ligne de MR, MathSciNet, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1996. Elle a depuis remplac\u00e9 l\u2019\u00e9dition imprim\u00e9e, dont la publication a pris fin en 2012. (Pour les aspects techniques li\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation de MathSciNet et \u00e0 la plateforme utilis\u00e9e pour son fonctionnement, voir [5].) De la cr\u00e9ation de MR \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de MathSciNet, la classification a connu plusieurs changements. La politique de MathSciNet est \u00ab historique \u00bb, ce qui signifie qu\u2019elle attribue le code qui \u00e9tait en vigueur au moment de la publication de l\u2019article recens\u00e9 (pour les articles publi\u00e9s avant 1960, les codes num\u00e9riques de 1960 sont utilis\u00e9s). Prenons ici l\u2019exemple de la th\u00e9orie des ensembles. Dans les ann\u00e9es 1940 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, la th\u00e9orie des ensembles \u00e9tait incluse sous la rubrique \u00ab Theory of sets, theory of functions of a real variable \u00bb, et les publications de MathSciNet de cette p\u00e9riode re\u00e7oivent le code 27.2. Dans les ann\u00e9es 1950, la th\u00e9orie des ensembles a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sous la rubrique \u00ab Foundations \u00bb, et dans MathSciNet, ces travaux sont class\u00e9s sous le code 02, qui avait \u00e9t\u00e9 introduit en 1960 pour les fondements. Entre 1959 et 1999, la th\u00e9orie des ensembles a re\u00e7u sa propre rubrique et se voit donc attribuer dans MathSciNet le code 04 de 1960.<\/p>\n<p>Dans MSC2000, la logique math\u00e9matique et les fondements ont re\u00e7u le code 03; les codes 02 et 04 ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s; et la th\u00e9orie des ensembles a \u00e9t\u00e9 r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la logique et aux fondements et s\u2019est vu attribuer le code 03E. Par exemple, dans MathSciNet, <em>Einleitung in die Mengenlehre<\/em> (<i>Introduction \u00e0 la th\u00e9orie des ensembles<\/i>,\u00a01946) d\u2019Abraham A. Fraenkel re\u00e7oit le code 27.2, <em>Foundations of Set Theory<\/em> (1958) d\u2019Abraham A. Fraenkel et Yehoshua Bar-Hillel re\u00e7oit le code 02, <em>Elements of Mathematics: Theory of Sets<\/em> (1968) de Nicolas Bourbaki re\u00e7oit le code 04, et <em>Set Theory<\/em> (2001) de John P. Burgess re\u00e7oit le code 03E, ce dernier \u00e9tant le code correspondant \u00e0 la th\u00e9orie des ensembles dans MSC2000 et le code actuellement utilis\u00e9 pour la th\u00e9orie des ensembles dans MathSciNet.<\/p>\n<p>De m\u00eame, la revue <em>Zentralblatt<\/em> a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par le service \u00e9lectronique de comptes rendus zbMath. Depuis plusieurs d\u00e9cennies, les organismes MathSciNet et zbMath collaborent \u00e0 la r\u00e9vision du syst\u00e8me de classification MSC [7]. Des r\u00e9visions majeures ont eu lieu en 1991, 2000, 2010 et 2020. \u00c0 mesure qu\u2019une part croissante de la litt\u00e9rature sous forme de livres n\u2019est publi\u00e9e que sous forme \u00e9lectronique, les syst\u00e8mes traditionnels de classification par cotes de la Library of Congress et de la Classification d\u00e9cimale de Dewey perdront de leur importance. La MSC a plut\u00f4t d\u00e9pass\u00e9 son utilit\u00e9 initiale pour la recherche de titres et est devenue aujourd\u2019hui le principal syst\u00e8me mondial de classification des math\u00e9matiques.<\/p>\n<p><strong>References<\/strong><\/p>\n<p>[1] Barany, Michael J. (2021) <a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s11229-020-02683-3\">Abstract Relations: Bibliography and the Infra\u2013structures of Modern Mathematics<\/a>. <em>Synthese<\/em> 198 (Suppl 26), S6277\u2013S6290. The supplement is titled \u201cEnabling Mathematical Cultures.\u201d<\/p>\n<p>[2] Fraser, Craig. (2002) Mathematics. In <a href=\"https:\/\/www.abebooks.com\/9780684806327\/History-Modern-Science-Mathematics-Volume-0684806320\/plp\"><em>The History of Modern Science and Mathematics<\/em><\/a>, edited by Brian S. Baigrie, i:305\u2013327. Charles Scribner\u2019s Sons.<\/p>\n<p>[3] Fraser, Craig. (2017) <a href=\"https:\/\/link.springer.com\/chapter\/10.1007\/978-3-319-64551-3_12\">Mathematics in Library Subject Classification Systems<\/a>. In <em>Research in History and Philosophy of Mathematics: The CSHPM 2016 Annual Meeting in Calgary, Alberta<\/em>, edited by Maria Zack and Dirk Schlimm, 181\u2013197. Cham, Switzerland: Springer International Publishing.<\/p>\n<p>[4] Fraser, Craig. (2020) <a href=\"https:\/\/cfraser.artsci.utoronto.ca\/Libraryclassification.pdf\">Mathematics in Library and Review Classification Systems: An Historical Overview<\/a>. <em>Knowledge Organization<\/em> 47, 334\u2013356.<\/p>\n<p>[5] Gala, Lauren, Jeffra Diane Bussmann, and Anya C. Bartelmann. (2019) <a href=\"https:\/\/www.tandfonline.com\/doi\/full\/10.1080\/1941126X.2018.1562601\">MathSciNet: A Comparative Analysis of American Mathematical Society and EBSCO Platforms<\/a>. <em>Journal of Electronic Resources Librarianship<\/em> 31, 1\u201313.<\/p>\n<p>[6] Jungnickel, Christa, and Russell McCormmach. (1986) <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Intellectual_Mastery_of_Nature\"><em>Intellectual Mastery of Nature. Theoretical Physics from Ohm to Einstein, Volume 1: The Torch of Mathematics, 1800 to 1870<\/em><\/a>. Chicago: University of Chicago Press.<\/p>\n<p>[7] Pitcher, Everett. (1988) <a href=\"https:\/\/www.ams.org\/publicoutreach\/math-history\/hmpitcher-mr.pdf\"><em>Mathematical Reviews<\/em><\/a><em>. <\/em>In Pitcher\u2019s <em>A History of the Second Fifty Years, American Mathematical Society, 1939\u20131988<\/em>, 69\u201389. American Mathematical Society Centennial Publications, Vol. 1. Providence, RI: American Mathematical Society.<\/p>\n<p>[8] Pyenson, Lewis. (1983) <a href=\"https:\/\/books.google.com\/books\/about\/Neohumanism_and_the_persistence_of_pure.html?id=ErEVAQAAMAAJ\"><em>Neohumanism and the Persistence of Pure Mathematics in Wilhelmian Germany<\/em><\/a>. Memoirs of the American Philosophical Society, Vol. 150. Philadelphia: American Philosophical Society.<\/p>\n<p><em>Craig Fraser is professor emeritus at the Institute for the History and Philosophy of Science and Technology of the University of Toronto. His work on the history of mathematics and astronomy from the early 1980s to the present (including the three publications listed in the references above) can be accessed at <\/em><a href=\"https:\/\/cfraser.artsci.utoronto.ca\/publications.htm\"><em>https:\/\/cfraser.artsci.utoronto.ca\/publications.htm<\/em><\/a><em>.<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":11,"template":"","section":[64],"keyword":[514],"class_list":["post-21948","article","type-article","status-publish","hentry","section-notes-de-la-schpm","keyword-publications-mathematiques"],"toolset-meta":{"author-4-info":{"author-4-surname":{"type":"textfield","raw":""},"author-4-given-names":{"type":"textfield","raw":""},"author-4-honorific":{"type":"textfield","raw":""},"author-4-institution":{"type":"textfield","raw":""},"author-4-email":{"type":"email","raw":""},"author-4-cms-role":{"type":"textfield","raw":""}},"author-3-info":{"author-3-surname":{"type":"textfield","raw":""},"author-3-given-names":{"type":"textfield","raw":""},"author-3-honorific":{"type":"textfield","raw":""},"author-3-institution":{"type":"textfield","raw":""},"author-3-email":{"type":"email","raw":""},"author-3-cms-role":{"type":"textfield","raw":""}},"author-2-info":{"author-2-surname":{"type":"textfield","raw":""},"author-2-given-names":{"type":"textfield","raw":""},"author-2-honorific":{"type":"textfield","raw":""},"author-2-institution":{"type":"textfield","raw":""},"author-2-email":{"type":"email","raw":""},"author-2-cms-role":{"type":"textfield","raw":""}},"author-info":{"author-surname":{"type":"textfield","raw":"Fraser"},"author-given-names":{"type":"textfield","raw":"Craig"},"author-honorific":{"type":"textfield","raw":""},"author-email":{"type":"email","raw":"craig.fraser@utoronto.ca"},"author-institution":{"type":"textfield","raw":"Institute for the History and Philosophy of  Science and Technology, University of Toronto"},"author-cms-role":{"type":"textfield","raw":""}},"unknown":{"downloadable-pdf":{"type":"file","raw":"","attachment_id":null},"article-toc-weight":{"type":"numeric","raw":"4"},"author-surname":{"type":"textfield","raw":"Fraser"},"author-given-names":{"type":"textfield","raw":"Craig"}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article\/21948","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article\/21948\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22022,"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article\/21948\/revisions\/22022"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21948"}],"wp:term":[{"taxonomy":"section","embeddable":true,"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/section?post=21948"},{"taxonomy":"keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/notes.math.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/keyword?post=21948"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}