MOSAIC  est une chronique dirigées par le Comité ÉDI de la SMC qui porte sur l’équité, la diversité et l’inclusion au sein de la communauté mathématique. Vos commentaires et suggestions sont les bienvenues 

Steven Rayan (il), Université de la Saskatchewan (rayan@math.usask.ca)

En tant que doctorantdoctorante, j’ai participé au premier CWiMAC en 2003. Ce fut uneCette expérience a été précieuse pour moi et je voulais m’assurer que la prochaine génération ait la même opportunité. Un aspect de cet atelier qui a été particulièrement efficace pertinent de cet atelier est qu’il s’est tenu quelquesdans les jours avantprécédant la réunion d’été de la SMC. Dans le cadre du petit atelier CWiMAC, nous avons rapidement établi des lienscontacts avec les autres chercheursparticipants. Une fois ces liens établis, il était beaucoup plus facile de rencontrer plus ded’autres personnes lors de la plus grande réunion de la SMC et de faire partie de la communauté mathématique.

L’organisation

Le plan initial depour cet atelier, mis en œuvre pour la première foisbranle en octobre 2019, était d’avoird’organiser le CWiMAC en personne dans les jours précédant le 75e anniversaire de la SMC à Ottawa. Comme cela cet événement était prévu pour cet infortuné été 2020, celail ne s’est pas passédéroulé comme prévu ! Tout d’abord, la SMC a retardéreporté d’un an la réunion du 75e anniversaire d’un an, nous avons donc fait de même avec le CWiMAC ; Ensuiteensuite, la SMC a annoncé que la réunion serait entièrement en ligne, ce que nous avons donc fait égalementde même.

Une fois engagé dans un événement entièrement en ligne, notre principale préoccupation était de savoir comment établir des liens alors que nous serions dispersés dans tout le pays et que nous ne pourrions nous voir que dans ces minuscules fenêtres Zoom dans lesquelles nous avons déjà passé trop de temps ! Mais, nous avons estimé que la consolidation de la communauté était encore plus importante après avoir été si séparés pendant les fermetures dues à la pandémie. Même dans les meilleures conditions, les études supérieures sont une expérience stressante et souvent solitaire pour les étudiants; vivre cela sans pouvoir sortir de chez soi devait être insupportable !

Au-delà de l’isolement, les parents essayaient de faire leurs cours et leurs recherches avec des enfants non scolarisés ou non pris en charge, et beaucoup d’entre nous essayaient de prendre soin de parents âgés à distance. De nombreuses études et rapports montrent que les femmes ont été plus durement touchées par la pandémie, car les tâches de soins leur incombent de manière disproportionnée. C’était une autre raison pour laquelle nous pensions qu’il était si important de tenir le CWiMAC, même si nous ne pouvions pas nous rencontrer en personne.

L’événement

Le premier événement était une conférence de Pr. Anita Layton, titulaire de la chaire Canada 150 en biologie et médecine mathématiques de l’Université de Waterloo. Pr. Layton a fait un exposé très personnel sur ses propres difficultés à réseauter au cours de sa carrière. Elle a prodigué des conseils très bienveillants sur comment embrasser cette compétence, éventuellement gênante, mais tout aussi nécessaire pour faire avancer nos carrières. Au milieu de l’exposé, nous avons utilisé la fonctionnalité des salles de petits groupes de Zoom pour nous entraîner à prononcer un « Elevator Speech ». Ainsi, en quelques minutes, les étudiants présents dans les salles de discussion ont dû exposer leurs projets de recherche et de carrière. Cela a également permis à chaque étudiant de parler en petit groupe et nous a permis de faire du réseautage.

Alexandra McSween, présidente du chapitre étudiant de l’AWM et du club des femmes en mathématiques de l’Université d’Ottawa, a fait une présentation sur l’histoire des femmes en mathématiques. C’était une présentation captivante qui a abordé de nombreux sujets différents. Après cette présentation, nous nous sommes réunis sur la plateforme GatherTown pour discuter des nombreuses questions qui ont été soulevées lors de la présentation d’Alexandra. (Un remerciement spécial à Erin Meger pour avoir mis en place un bel espace dans lequel nous pouvions virtuellement nous promener et avoir des conversations). Cela s’est avéré étonnamment efficace: les participants pouvaient parler en groupes plus importants s’ils le souhaitaient, ou s’éloigner pour parler en privé s’ils le préféraient. Cette salle était accessible pendant toute la durée de la réunion et a bien fonctionné pour le réseautage.

Le deuxième jour de l’atelier, Pr. Gerda de Vries, de l’Université de l’Alberta, a fait une présentation sur la façon de faire des exposés de mathématiques efficaces. Cette présentation a été suivie par des exposés de recherche de cinq chercheuses en début de carrière. Il s’agissait d’une partie importante de l’atelier, puisque nous essayons de créer des réseaux de recherche. Les étudiants n’ont disposé que d’un court temps de parole pour leurs présentations. Malgré cela, les exposés étaient vraiment excellents et j’ai été impressionné par leur accessibilité.

Nous avons aussi eu deux tables rondes. L’une sur la façon de faire passer sa carrière à l’étape suivante, et l’autre sur la façon de faire face au Covid.

À retenir

Il y avait certainement des avantages à faire l’événement en ligne. Tout était beaucoup moins cher, pas de frais de voyage ni de café à payer. Le comité d’organisation n’a pas eu à effectuer les tâches fastidieuses liées à la préparation d’un événement, comme la commande de nourriture ou la réservation de chambres. Les parents de jeunes enfants n’ont pas eu à trouver de garderie (et les enfants en arrière-plan de certaines présentations étaient plutôt mignons, du moins pour ceux qui étaient dans le public !) La participation a battu tous les records et nous avons eu des participants de tout le Canada et de nombreux pays différents. À l’avenir, nous organiserons certainement d’autres événements en ligne. L’impact est peut-être moindre avec un événement en ligne, car il est difficile d’être personnel via Zoom.

L’organisation de cet événement a été un véritable défi, car à chaque fois, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Nous avons dû réfléchir à la manière de nous réorganiser une fois qu’il a été clair que l’atelier serait en ligne. Nous avons également dû apprendre à animer un événement en ligne, tant sur le plan technique que sur le plan social. La courbe d’apprentissage a été abrupte, mais maintenant nous savons mieux ce qu’il faut faire ! En outre, le comité d’organisation, comme tout le monde, a eu du mal à travailler depuis son domicile et souvent avec des enfants dans la pièce – espérons que cela ne se reproduira pas.

À l’avenir, je pense que nous devrions organiser davantage de panels d’étudiants. Les universitaires plus expérimentés doivent savoir les préoccupations et les défis auxquels les étudiants sont confrontés ! Nous avons également constaté que le fait de se diviser en petits groupes permettait de lancer les conversations et de donner la parole à plus de personnes. C’est quelque chose que nous ferons davantage lors des prochains événements en ligne. Rétrospectivement, nous nous sommes trop concentrés sur les carrières universitaires. Nous chercherons donc à impliquer davantage les mathématiciens de l’industrie. Lors d’un événement en ligne, nous ne sommes pas limités par la géographie, nous pouvons inviter des personnes du monde entier sans nous soucier des frais de déplacement et des tracas, donc dans les événements futurs nous nous efforcerons d’avoir plus de diversité dans les panélistes et les orateurs. Les étudiants diplômés ont manifesté un vif intérêt pour des conseils sur la manière de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, entre famille et carrière. Ce sujet sera donc abordé (avec des conseils avisés, espérons-le) lors des prochains événements.

“Les femmes, ainsi que d'autres minorités OSIEGSB*, ont été touchées de manière disproportionnée par la pandémie. Ainsi, ce fut une expérience édifiante de faire partie du rassemblement de femmes mathématiciennes au Canada, non seulement pour parler de mathématiques, mais aussi pour se soutenir les unes les autres et discuter de l'impact sans précédent du CoVid-19 sur les femmes en général. Des événements comme CWiMAC 2021 qui servent d’espace sécures pour les femmes, ainsi que des moyens pour les femmes d'exprimer leur solidarité envers d'autres femmes, sont tous des pas dans la bonne direction.”
Hermie Monterde
Graduate student, University of Manitoba
“CWiMAC a été pour moi une expérience vraiment fantastique. C'est arrivé à un moment où je terminais ma maîtrise après avoir travaillé seule à la maison pendant plus d'un an, il était donc particulièrement précieux pour moi de pouvoir me connecter avec d'autres femmes. J'ai réussi à rester en contact avec beaucoup de femmes que j'ai rencontrées là-bas. Je suis vraiment reconnaissante d'avoir pu les rencontrer ! Je pense que GatherTown a très bien fonctionné: j'ai eu de très bonnes conversations spontanées dans cet environnement, similaires à des conversations en personne. ”
Alexandra McSween
Graduate student, University of Ottawa
“L'atelier était excellent. Le fait d'avoir un groupe aussi diversifié de femmes à différents degrés de leur carrière a été très profitable. En tant que chercheuse en début de parcours et se trouvant sur le marché du travail à l'époque de la conférence, il était très utile de recevoir des conseils qui n'étaient pas uniquement axés sur un équilibre de carrière. Discuter de mathématiques avec des femmes semble beaucoup plus sûr pour avancer mes idées : il est plus facile de présenter de grandes idées farfelues et de collaborer pour les prouver - la coopération et le soutien en mathématiques sont très différents de ceux d'une conférence classique. C'était formidable de parler des difficultés liées aux mathématiques elles-mêmes et de découvrir comment devenir une meilleure chercheuse du point de vue des femmes. ”
Erin Meger
Post-Doctoral Researcher, LACIM

Karen Meagher est professeur titulaire au département de mathématiques et de statistique de l’Université de Regina et présidente du comité des femmes en mathématiques de la SMC. Mes recherches portent sur les mathématiques discrètes, en particulier sur la théorie des graphes algébriques et les problèmes extrémaux en combinatoire.

*Cet acronyme signifie Orientation Sexuelle, l’Identité et Expression de Genre, le Sexe Biologique